Ok ok merci !!! ^^
Bon je vous previens, c'est pas du grand art et pis parfois ça fait un peu plagiat sauf que c'est pas un plagiat (, se défendit-elle ^^), c'est un hommage à Edwin et Merwyn (==> Erwyn ^^).
Prems partie:
‘Trois minutes et vingt cinq secondes, c'est le temps qu'avait mis Julien pour faire le tour du pâté de maison qu'il habitait depuis quinze ans. Les rollers dans lesquels il avait investi quelques jours plutôt étaient vraiment parfaits car il venait une nouvelle fois de battre son record, chronométré par Maëlle, sa meilleure amie.
Julien était un adolescent un peu trop petit et trop maigre pour son âge. Le hâle de sa peau mettait en valeur de beaux yeux d'un gris impénétrable et entourés d'une cascade de cheveux d'un noir de jais.
Etrangement, Maëlle n'avait rien en commun avec lui si ce n'est sa passion pour la science fiction et le fantastique. Elle était plutôt jolie, le teint très pale et une longue tignasse de cheveux roux lui tombaient sur les épaules.
Julien et Maëlle étaient amis depuis leur entrée au collège, quatre ans plus tôt. Maintenant, ils poursuivaient leurs études dans un vieux lycée d'une petite ville, le long de la côte d'Opale où ils passaient leur temps libre à explorer les recoins du vieux bâtiment.
_Waouh! Super! Tu me les prêtes s'il te plaît? s'exclama Maëlle joyeusement.
Julien venait une fois de plus de battre le record et elle avait hâte de lui montrer qu'elle en était aussi capable.
A bout de souffle, il s'accrocha à son épaule et lui souffla:
_J'en peux plus pour aujourd'hui, ça te dis de faire un tour en ville à la place? Je te paye une glace!
_OK ça roule mais à une condition!
_Dis toujours...
_Chocolat pour moi!
Ils s'éloignèrent vers l'avenue en continuant à plaisanter sous le Soleil radieux d'un mois de mai.
Plus tard, Maëlle courrait le long des ruelles escarpées de la vielle ville. Six heures cinquante et une.
Il lui restait moins de dix minutes pour regagner sa chambre au lycée où elle était pensionnaire à l'année.
Elle ne savait ni d'où elle venait et ne connaissait aucun membre de sa famille. L'été, elle habitait une chambre misérable dans la ruelle délabrée de l'orphelinat. Mais celui-ci avait décidé de la placer au lycée pendant la période scolaire, ce qui lui permettait d'être un peu plus libre.
Pourtant, Mr Morial ne plaisantait pas avec la ponctualité et elle savait qu'elle s'exposait à de sévères remontrances si elle dépassait, soit même d'une minute, l'horaire prévu.
Six heures cinquante six. Plus que quatre petites minutes et elle apercevait déjà au loin le sommet du plus haut bâtiment. Soudain, quelque chose attira son attention. Ce quelque chose était plutôt quelqu'un. Un jeune homme qui ne devait pas être beaucoup plus âgé qu'elle entre dans une boutique qui faisait le coin entre la rue Denis Papin et le parvis de l'église Notre Dame.
Ce n'est pas l'étrange apparence du garçon, vêtu de longues bottes de cuir et d'une chemise blanche aux manches bouffantes comme on en faisait au XVIII ème siècle, qui la surpris le plus mais plutôt le fait qu'elle n'avait jamais remarqué l'existence de la petite librairie à laquelle elle faisait maintenant face.
Elle s'approcha et contempla avidement la vitrine. Il était vraiment surprenant que l'enseigne bariolée ne l'ai interpellée avant, elle qui écumait toutes les bibliothèques, papeteries et librairies de la ville pendant plus de quatre ans!
Mais les articles exposés dans la devanture du magasin la laissa complètement béat.
Elle n'avait jamais rien vu d'aussi étrange. Les monceaux de parchemins, les plumes et encres bariolées se bousculaient dans l'étalage. Maëlle jeta un coup d’œil à sa montre. Sept heures moins une. Il était trop tard pour arriver à l'heure au lycée à temps, et quitte à se faire sermonner, mieux valait que se soit pour une demi-heure que pour trois minutes!
Et sa curiosité l'emportant sur tout le reste, elle pénétra dans la petite boutique et retint son souffle.
C'était fantastique. Les étagères croulaient sous les livres reliés de cuirs, les collections impressionnantes de plumes d'oies, de paon et autres oiseaux qu'elle ne put identifier, les bocaux qui renfermaient des bêtes des plus bizarres et le matériel pour cacheter des lettres qui aurait bien eu sa place dans le bureau d'un homme cultivé au temps de Louis XVI.
Maëlle se rapprocha d'une étagère et se hissa sur la pointe des pieds pour lire quelques titres et ce qu'elle vit rendit son excitation et sa curiosité encore un peu plus grandes.
En effet les vieux bouquins laissaient voir des intitulés tels que "l'Histoire de la Magie comme on ne vous l'a jamais racontée" ou "Sortilèges et contres sorts pour débutants".
Le commerce avait tout d'une boutique pour sorcier et c'est avec regret qu'elle s'arracha à sa contemplation tout en se promettant de revenir le lendemain.
Ne voyant aucun horaire affiché, ni aucune personne ne pouvant la renseigner- elle chercha des yeux le garçon mais il demeura introuvable- elle décida que plus tôt serait le mieux et elle quitta l'endroit magique pour se tourner vers une réalité beaucoup moins joyeuse. Mr Morial aller lui faire passer un mauvais quart d'heure et elle se hâta vers le vieil édifice qui rougeoyait sous les dernières lueurs du Soleil printanier.
Mr Morial était un homme qui avait un visage dur et ses cheveux d'une couleur indéfinie entre le châtain et le gris lui donnait l'air d'approcher les quarante ans pourtant Julien et Maëlle avaient un jour découvert lors d'une excursion dans les archives du lycée qu'il n'était pas âgé de plus de vingt-cinq ans.
Ce soir là, l'intendant de lycée était soucieux. Voilà presque une heure qu'il attendait Maëlle, la seule pensionnaire à rester le week-end et les vacances. Elle avait reçu l'autorisation de rentrer à sept heures le dimanche soir et elle avait rarement transgressé cette règle et les confrontations avec le sévère Mr Morial aurait du normalement la dissuader de renouveler l'expérience.
Malheureusement Maëlle n'était pas une personne que l'on pourrait qualifier de normale, le jeune homme l'avait tout de suite senti. Il était persuadé qu'elle faisait partie de "l'Autre Côté".
Mais ce soir là, l'idée avait germer dans son esprit, Maëlle allait bientôt atteindre ses cinq mille cinq cent cinq jours et elle aurait du commencer à "les" apercevoir si elle était bien des leurs. Sans compter Julien, son infaillible ami, qui avait tout à fait le même profil malgré leurs énormes différences physiques.
Mr Morial les observaient depuis leur entrée au lycée quelques mois plutôt et les résultats étaient surprenants.
Les deux adolescents n'avaient l'air de se douter à quel point ils se ressemblaient. Pourtant, l'intendant avait remarqué la même intelligence incroyable dans leurs yeux, le même corps d'une souplesse incroyable, la même curiosité insatiable dont ils faisaient preuve à chaque instant et finalement le fait qu'ils aiment autant les récits de sciences fiction et fantastiques. Mr Morial sourit à cette pensée...lui aussi avait adoré le fantastique et s'était construit un monde merveilleux dans l'Imagination...qui était maintenant bien réel...
Maëlle courait à en perdre haleine. Le chemin du retour avait été bien étrange, elle ne cessait de croiser des personnes vêtues de costume d'époque mais chaque fois qu'elle se retournait pour les examiner, elle les perdait des yeux et elle se retrouvait seules dans la rue. Elle se promit que si elle survivrait jusque le lendemain après être rentrée si tard, elle raconterait ce qu'elle avait vu à Julien. En voyant le visage souriant de son ami, son cœur se mit à battre plus fort. Elle n'eut pas le temps de s'attarder à cette étrange sensation qu'elle arrivait devant les lourdes portes de chêne de l'établissement "faites pour résister aux manifestations des lycéens en colère" avait affirmé le proviseur dans un demi-sourire le premier jour. Elle se faufila discrètement entre les deux battants et s'avança sur la pointe des pieds vers le couloir de l'intendance. Peut-être qu'avec suffisamment de délicatesse elle parviendrait jusqu'à l'escalier des dortoirs sans informer Mr Morial de son retour tardif. Au moment où elle s'avançait dans le couloir assombri par la fin du jour, une voix s'éleva dans son dos. Surprise, elle sursauta et redoutant le pire, elle se retourna lentement. Mr Morial était adossé au mur qui lui faisait face. Il arborait le sourire narquois de quelqu'un qui vient d'obtenir ce qu'il voulait au détriment d'un autre.
_Alors? demanda-t-il à Maëlle, en colère de s'être fait avoir si stupidement.
Le ton ironique de l'intendant agaça fortement la jeune fille qui explosa.
_Alors quoi? cria-t-elle.
Le ton glacial du jeune homme et le regard dur qu'il planta sur elle la fit changer complètement son comportement. Elle se sentit tout à coup insignifiant devant cet homme de marbre.
_Alors est-ce que je pourrais savoir pourquoi une jeune pensionnaire rentre à cette heure-ci un dimanche soir alors qu'elle devrait déjà être là depuis au moins une heure?
_Je...je... bégaya-t-elle en essayant tant bien que mal de soutenir son regard froid comme de la pierre.
_Tu n'as aucune excuse! Je te conseille de retourner dans ton dortoirs au pas de course avant que je ne trouve une excellente punition ou que je t'expédie droit chez le proviseur.
Maëlle était sur le point de répliquer quelque chose car elle semblait estimer qu'un detour vers le bureau du proviseur bienvéillant était la meilleure de toutes les solutions mais elle se ravisa en voyant l'expression de l'intendant qui ne supporterait apparemment plus aucune intervention de sa part.
Elle s'éloigna d'un pas rageur et entendit Mr Morial lança au-dessus de son épaule des paroles d'un ton moqueur.
Repas servi à vingt heures trente , j'esperes que tu seras à l'heure sinon je n'ose même pas imaginer ce qu'il pourrait se passer...
Maëlle bouillonait de colère. Elle s'arreta après un angle de mur et s'adossa au mur pour se calmer. Elle jeta un coup d'oeil à sa montre. Vingt heures sept. Il lui restait un peu plus de vingt minutes avant de rejoindre la grande salle où tous les soirs elle prenait son repas avec les quelques professeurs qui habitaient trop loin pour rentrer chez eux le week-end ou logeaient au lycée comme Mr Morial.
Parmi eux, elle connaissait Mme March, son professeur d'histoire/géographie. Elle était légèrement brouillonne mais ces cours qui se déroulaient toujours dans la joie et la bonne humeur restaient exemplaires.
Se joignait à eux Mme Servais qui n'avait rien de glacial contrairement à ce que son nom pouvait l'indiquer.
C'était une petite femme, joyeuse qui assurait les cours d'escalade auxquels Maëlle assistaient après les cours.
Mr Boot, surnommé Docteur Boot par les soins de Julien, était un homme d'une trentaine d'années avec lequel Mr Morial s'entendait très bien. Il était professeur de chimie et aimait faire des plaisanteries sur divers élèves pendant ses cours tout en restant très sérieux.
Mais de tous, Maëlle en détestait un par-dessus tout. Mr Agre, un vieux professeur de mathématiques, passait son temps à débiter son cours d'une voix monocorde qu'il n'interrompait que pour houspiller ses élèves sur leur manque de logique. Il avait réussi en neuf mois à dégoûter la moitié des élèves de la matière.
Maëlle avançait lentement le long d'un couloir sombre, les mains dans les poches.
Une lumière bleutée filtrait par une porte entrouverte au bout du corridor. Intriguée, elle s'avança en essayant de ne pas faire craquer les bois sous ses pieds. Elle jeta un coup d’œil par la porte et eu un hoquet de surprise.
La pièce qu'elle croyait être une petite chambre de professeur se trouvait être en fait une pièce immense garnie d'un lit à baldaquin à rideaux rouges, d'une collection impressionnante de livres reliés de cuir comme elle avait vu dans la petite boutique près de l'Eglise. Au sommet d'une étagère, une mouette la regardait d'un oeil sévère en remuant légèrement. Les plumes d'oie jonchaient un bureau encombré de parchemins jaunis recouverts d'une belle écriture de calligraphie. Un télescope en cuivre faisait face à une baie vitrée contrastant avec l'aspect ancien de la chambre. Elle baignait dans la douce lueur bleutée qui l'avait attirée là et Maëlle pris conscience qu'elle ne pouvait pas être naturelle, car le Soleil qui se couchait au-dessus des toits tirait sur le rouge, ni artificielle, aucune lampe n'étant allumée dans la pièce. Non, la lumière venait de partout à la fois, comme si elle était magique.
La jeune fille s'avança alors vers l'immense baie qui occupait tout un côté du mur et eu alors une deuxième surprise de taille. Les maisons auxquelles appartenaient les toits qu'elle avait aperçu un peu avant n'avaient rien en commun avec celles de la ville qu'elle avait toujours connue. Les demeures aux volets colorés et dotées chacune de plus de deux étages s'alignaient le long d'une rue où grouillait un monde de personnes comme elle avait remarqué en rentrant au lycée. Plus étonnant encore, la chambre qui été censée se trouver dans le vieux bâtiment qu'habitait Maëlle faisait maintenant partie d'une des maisons à l'angle de la rue.
Tandis que l'esprit rationnel de l'adolescente refusait de croire à ce qu'elle voyait, l'Imagination se développait dans son esprit à une vitesse incroyable. C'était comme si elle arrivait enfin à entrer dans un endroit dont on lui avait toujours refusé l'entrée.
Un bruit la fit soudain revenir dans la Réalité. Jugeant plus prudent de se rendre au dîner et de refaire une escapade plus tard avec Julien, elle quitta silencieusement les lieux. Lorsqu'elle passa près du bureau, un nom griffonné au bas d'une lettre attira son attention. Erwyn Aï Liam. Un nom sonnant mal dans la Réalité que Maëlle habitait. Elle s'apprêtait à refermer délicatement la porte quand le bruit se fit plus proche. Elle entendit le bruit sourd d'un objet lourd qui tombe près d'elle.
_Maëlle?